Mais ou se définit donc l’identité ? Si elle consiste en la persistance d’un
caractère, Ia voici elle aussi bousculée au rang des illusions du monde
macroscopique sensible. Ou est le moi d’hier ou d’il y a 5 ans ? Ou, sinon
dans un passé en forme de mirage qui ne se justifie à notre conscience que
dans des liens de causalité qu’il entretient avec elle. Nous ne sommes donc
jamais nous mêmes, mais l’autre tant attendu, qui vient si vite et se meurt
dans une nouvelle attente… C’est donc un fantastique altruisme que toute
cette existence passée à exister pour un autre. Pour s’en persuader il suffit
de regarder combien tous nos actes ont contribué à nous sauvegarder pour que
nous puissions vivre l’instant présent. Seuls peut-être, quelques instants
ont été vécus pour eux seuls et permettent de goûter l’éternité. Comme des
gouttes au travers d’un torchon.
j’ai fait, je fais pour que i’aurai eu fait sans que je ne sois attaché a
aucun des actes, ni moi maintenant, ni moi tout à l’heure.
