La vidéosurveillance est la technologie la plus visible de la sécurité physique. Elle est passée dans l’ère numérique en 2004 lorsque les premières caméras MPEG-4 sont apparues. Aujourd’hui, elle bénéficie de l’immense engouement pour l’image et la vidéo que les smartphones ont développé dans le grand public, tant sur le plan de l’acceptation de la présence des caméras de surveillance, qui ne représentent qu’une infime minorité par rapport aux caméras des smartphones (qui avoisinent déjà le nombre d’habitants de la planète) que sur le plan des développements technologiques.

Les principales avancées technologiques concernent la qualité, la sensibilité et la résolution du capteur d’image et l’analyse d’image. Le principal challenge à relever étant la gestion d’un nombre croissant de caméras situées sur des territoires de plus en plus vaste. Il ne s’agit pas d’un problème uniquement technologique mais surtout ergonomique et méthodologique.

Dans les grandes agglomérations comme Paris, Marseille ou Lyon on vise à court terme plus de mille caméras urbaines. La RATP gère un parc de plus de 7500 caméras si l’on inclut celles du métro et celles des autobus.

Davantage de caméras, davantage de résolution emmènent des problématiques de performance d’affichage et d’enregistrement qui sont autant de paramètres à prendre en compte dans l’architecture d’un système. Enregistrer n’a cependant qu’une valeur relative tant qu’on n’est pas capable de retrouver les images intéressantes pour analyser les faits a posteriori.

Le plus grand défi de la vidéosurveillance demeure donc d’être réellement utile, utile d’abord en temps réel en permettant d’intervenir au plus vite, utile aussi a posteriori lorsque l’on n’a pas pu empêcher le délit ou le crime. Cependant, la guerre contre le terrorisme et le grand banditisme relève encore les exigences et conduit à considérer la vidéosurveillance comme l’un des outils de la panoplie du renseignement, seul rempart efficace dans la lutte contre ces fléaux intérieurs. Il ne s’agit plus pour les opérateurs de réagir au quart de tour mais de prendre en compte ce qu’ils observent dans un système capable d’agglomérer l’information à grande échelle et de la corréler avec d’autres informations analogues. L’image reste importante, certes, mais pas autant que son interprétation, que la description des scènes observées, que l’archivage soigneux et l’indexation de cette information afin que les algorithmes d’analyse statistique puissent l’utiliser dans l’objectif de déceler et identifier les menaces avant leur mises à exécution.

 

Canon-VB-C300

Sur le plan technique, les caméras ont déjà dépassé la résolution des appareils argentiques (10 à 20 megapixels) avec la génération des caméras dites Megapixels qui ont évolué depuis 2004, passant de 1 Mpixel à plus de 25 Mpixels aujourd’hui.

250 Megapixel CMOS prototype from Canon

En 2015 Canon a présenté un prototype de caméra de 250 Megapixels (250 millions, soit 19600 x 12600 pixels) capable de prendre 5 images par seconde.